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Monsieur Plume
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| Mon ami plume ouvre moi ta porte...
( NR | 02/12/2005 )
Monsieur Plume, jeune artiste vendômois, a pris 6 mois de disponibilité pour créer. Il s’est installé dans l’Orangerie du château. “ Une chance de ouf ! ”
Monsieur Plume, jeune artiste vendômois, a pris 6 mois de disponibilité pour créer. Il s’est installé dans l’Orangerie du château. “ Une chance de ouf ! ”
A coups de rouleaux, de bombes, de croquis... Plume profite d’une cure artistique.
Pas un chat dans le parc du château de Vendôme, en cette fin de matinée glacée. Soudain, un grand lutin. Monsieur Plume enfoncé dans son bonnet. Sourire mutin. Un coup d’œil sur la vue vendômoise comme chaque jour. « J’ai une chance de ouf d’avoir un lieu comme ça ! C’est classe. Même de nuit ! »
Depuis la mi-octobre, Plume a posé ses toiles et ses bombes de peinture à l’Orangerie, grâce au maire, Daniel Chanet, sensible aux jeunes talents.
Animateur socioculturel pour la communauté du Pays de Vendôme, Plume initie, entre autres, des adolescents à l’art du graf. Un boulot qu’il aime bien. « Mais j’ai senti que j’avais besoin de voir autre chose, d’avoir du temps pour moi, d’exploiter à fond la peinture, d’évoluer. Je n’ai jamais suivi d’école ; je crois que j’étais un peu frustré de ne m’être jamais mis totalement dedans ! J’ai longuement réfléchi et j’ai décidé de me lancer en me disant que si je dois le faire c’est maintenant ! Dans la vie, tu ne fais pas forcément ce que tu veux, quand tu en as l’occasion, il faut y aller ! »
Alors voilà, à 23 ans, Plume, l’autodidacte, a pris 6 mois de disponibilité pour une cure artistique. « Certains me prennent pour un dingue : quoi, t’as lâché ton boulot ? D’accord, c’est un peu galère niveau tune - je ne touche rien pendant 6 mois, j’ai quitté mon appart’, je squatte chez des copains, je fais attention à la bouffe... - mais c’est le bonheur total ! Je bosse, je vois beaucoup d’expos et j’ai eu le temps de me réaliser un book. Je me remplis aussi d’émotions culturelles par la musique et même la danse. »
Grand bol de bonheur et de liberté
Tout gosse, Plume griffonnait partout et pouvait rester des heures plongé dans des livres plein d’images. « J’adorais Dali et surtout Picasso. C’est fou ce que cet artiste a eu comme évolution de 9 ans à la fin de sa vie. J’aurais bien aimé parler avec lui... »
Depuis, on connaît le coup de crayon du jeune homme et ses graffitis bien léchés. Aujourd’hui, Plume prend un virage. Il cherche des problématiques. « Au lieu de faire un joli tableau avec de belles couleurs, j’essaie de rendre l’émotion que j’ai sur le moment. Je suis en pleine recherche de relief, de symboliques... » Plume a gardé les contours de la technique du graf, les silhouettes et les personnages élancés mais au milieu, ça bouillonne de volumes et de matières. « Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je ne voulais plus me contenter de faire des choses propres. Là, c’est la liberté ! »
Une recherche à l’économie aussi. Plume doit se débrouiller sans argent, alors, il repeint sur les toiles qui lui semblent ratées. Son père lui confectionne les plus grandes et certains de ses potes lui en achètent contre un petit tableau... Il récupère aussi des plaques de métal et des tôles rouillées pour s’exprimer, à grands coups de coulées d’acrylique.
En février, Plume retrouvera un emploi de fonctionnaire. En attendant, l’objectif est de produire le plus possible et de s’exporter hors du Vendômois. « Je suis monté à Lille dernièrement, j’ai vu douze expos, deux galeristes ont pris mon book... Mon rêve serait d’exposer à Bruxelles ou à Londres... » Vendôme a adoré ce qu’il faisait. On croise les pinceaux pour que ça marche ailleurs... Si des personnes ont des contacts avec des galeries, faites un signe à Plume, à l’Orangerie, de préférence l’après-midi. Le matin, le garçon récupère de ses nuits largement consacrées aux croquis en tous genres...
Anne-Gaëlle ROUAULT
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