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| Dionysis PAPADATOS, Zakynthos, Grèce DIONYSIS PAPADATOS est né à Zante (Zakynthos, Grèce) en 1937. Il commença ses études artistiques à Athènes en 1958. A cette époque, il travailla dans différents ateliers, en particulier dans celui de l'artiste Theodoros Drossos, où il resta pendant 3 ans. Il est membre de la Chambre grecque des Beaux-Arts. Ses oeuvres font partie de la collection d'art de l'Ecole d'archéologie de l'Université d'Athènes, de la collection Giorgos Kostopoulos, et ont été exposées dans diverses galeries en Europe. Depuis 2002, il vit et travaille dans son île natale, Zakynthos, où il s'est consacré récemment à des oeuvres tri-dimensionnelles en métal, les assemblages. A Zakynthos, il a fondé le centre culturel KRYPTI ouvert en 2001. Il a été commissaire de l'exposition Peinture et sculpture grecques modernes tenue en 2005 au Musée de Zakynthos, dans laquelle figurait l'une des ses peintures. *Expositions personnelles
*Expositions collectives
Va-et-vient dans le temps Dans l’oeuvre récent de Papadatos se déploie un monde chiffré, plein d’énigmes, faisant d’indirectes références à l’antiquité grecque et à l’époque contemporaine. Dans ses toiles peintes, comme dans les assemblages qui en sont comme la suite organique et naturelle, Papadatos construit un vocabulaire figuré personnel fait d’éléments répétitifs entrelaçant le temps historique et le temps vécu. Utilisant le schéma primitif de la spirale, apparu dans l’art grec dès l’âge de bronze, le cercle, les plans alternés, et le motif du treillis, allusion à la notion de barrière, il élabore une critique voilée du cours de la vie, de l’impasse idéologique et sociale actuelle et du sentiment d’enfermement qu’elle provoque, sans cesser d’entretenir des liaisons conceptuelles et intellectuelles avec le passé lointain. Les références mythologiques et cosmologiques se mêlent entre elles dans des œuvres abstraites contenant des éléments descriptifs d’une grande lisibilité, tels la forme stylisée des spermatozoïdes, claire référence à la naissance, le recyclage et le flux incessant des choses. La spirale elle-même contient, de sa propre nature, l’idée de l’infini, de la continuité ininterrompue, de la motion, de la mutation, du changement. Des lettres provenant des débuts de l’alphabet grec, et des chiffres, se faufilent dans certaines compositions peintes, évoquant de manière allégorique la découverte et la diffusion du mot écrit à l’époque du poète épique Homère, aussi bien que les vues pythagoriciennes sur l’analogie arithmétique et l’harmonie de l’univers. Les formes flottantes, renonçant volontairement aux lois de la de la perspective de la Renaissance et à celles de la pesanteur, se meuvent avec légèreté par dessus les plans peints en relief alternés, créant des illusions entre intérieur et extérieur, profondeur et surface. Les transitions visuelles sont renforcées par l’usage de la couleur, l’opposition de l’ombre et la lumière, et souvent, l’extinction progressive des formes elles-mêmes qui paraissent s’évanouir, ne laissant derrière elles que de faibles traces, témoins de leur existence éphémère. L’allusion au temps, Papadatos y a recours directement dans un portrait original autobiographique : un tableau, transposé aussi dans une œuvre en trois dimensions, dans lequel domine la forme d’une montre, avec, en lieu d’aiguilles, un pinceau et un tube de peinture. La plupart des assemblages - appliques murales faites de métal, en acier inoxydable ou laiton - portent en puissance l’idée d’œuvres gigantesques ou d’installations en plein air où pourrait déambuler le spectateur, éprouvant dans son corps un labyrinthe d’idées d’une simplicité épicurienne. La nature même des matériaux durs amène l’artiste au langage dépouillé de la géométrie. La précision et le poli des assemblages viennent s’opposer à la riche texture en relief des peintures, soulignant indirectement la conception philosophique d’Héraclite selon laquelle les contraires sont semblables. Dans les compositions tridimensionnelles, les plans alternés sont projetés dans l’espace, pour accueillir le symbole universel de la spirale, dont des segments sont excisés pour laisser apparaître des formes de spermatozoïdes : le vide alterne avec le plein, structurant ainsi l’allégorie de l’image. La coexistence des contraires, à partir desquels se structure un tout harmonieux, se manifeste dans deux œuvres en noir et blanc - jeu entre masculin et féminin - dans lesquelles la spirale est faite de cales en bois de châssis de toile, c’est à dire des débris du travail du peintre. L’idée du renouvellement, au-delà du symbole, s’infiltre dans la réutilisation du matériau même. Les constantes références indirectes à la pensée grecque antique aussi bien qu’aux conditions vécues de l’existence dénotent l’aspiration de Papadatos à sonder son identité culturelle, artistique et sociale, et à exprimer, en même temps, son attitude personnelle dans la vie. Bia Papadopoulou, Historien d’art Traduction : Dominique Poulain |
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